Patous, troupeaux et bivouac : les règles que tout randonneur devrait connaître avant de partir en montagne cet été

Chaque été, des milliers de randonneurs retrouvent les sentiers de Haute-Savoie. Mais avec le retour des troupeaux dans les alpages, les rencontres avec les patous et les bergers deviennent plus fréquentes. Quelques gestes simples permettent pourtant d’éviter la plupart des situations délicates et de profiter pleinement de la montagne.

Pourquoi les troupeaux sont partout en montagne l’été

De juin à septembre, les troupeaux montent en alpage pour profiter des vastes pâturages d’altitude. Cette pratique ancestrale, appelée transhumance, joue un rôle essentiel dans l’entretien des paysages alpins. Sans elle, de nombreux espaces ouverts disparaîtraient progressivement au profit de la forêt.

Mais ces troupeaux attirent également des prédateurs, notamment le loup, dont la présence s’est fortement développée dans les Alpes ces dernières décennies. Pour protéger leurs animaux, les éleveurs s’appuient de plus en plus sur des chiens de protection appelés patous.

Le patou n’est pas un chien de compagnie

Le premier réflexe consiste à comprendre le rôle du patou. Contrairement au chien de berger qui guide les animaux, le chien de protection vit en permanence avec le troupeau qu’il considère comme sa famille. Son travail consiste à détecter toute présence inhabituelle et à éloigner les menaces potentielles.

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Lorsqu’il aboie ou s’approche d’un randonneur, il ne cherche généralement pas à attaquer. Il effectue une phase d’identification pour vérifier que la personne ne représente aucun danger pour les brebis.

Que faire lorsqu’un patou vient vers vous ?

Même si la situation peut être impressionnante, quelques réflexes permettent de désamorcer rapidement la rencontre.

Arrêtez-vous

Lorsqu’un chien de protection s’approche en aboyant, le pire réflexe est souvent de continuer à avancer ou de courir. Les spécialistes du pastoralisme recommandent au contraire de ralentir puis de s’arrêter quelques instants afin que le chien puisse vous identifier.

Restez calme

Évitez les gestes brusques, les cris ou les mouvements agressifs. Ne tentez pas de repousser le chien avec vos bâtons de randonnée ou de lancer des pierres. Ces comportements risqueraient d’être interprétés comme une menace.

Ne cherchez pas à le caresser

Même s’il ressemble parfois à une énorme peluche blanche, le patou reste au travail. Le nourrir, le toucher ou chercher à interagir avec lui est fortement déconseillé.

Le réflexe le plus important : contourner largement le troupeau

Lorsqu’un troupeau occupe un sentier, la meilleure solution consiste à s’en éloigner autant que possible. Traverser directement au milieu des animaux perturbe les brebis, complique le travail du berger et déclenche souvent l’intervention des chiens de protection. Les gestionnaires d’alpages recommandent de contourner largement le troupeau, même si cela implique de quitter temporairement le sentier balisé.

Si aucun passage sécurisé n’est possible, il est parfois préférable de patienter quelques minutes ou de renoncer à poursuivre l’itinéraire.

Attention si vous randonnez avec votre chien

C’est l’une des situations les plus sensibles en montagne. Pour un patou, un chien inconnu est souvent perçu comme un prédateur potentiel. Les incidents surviennent beaucoup plus fréquemment lorsque des randonneurs circulent accompagnés de leur animal.

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Dans les secteurs pastoraux, il est indispensable de tenir son chien en laisse et de rester particulièrement vigilant à l’approche des troupeaux. Dans certains alpages les chiens sont même interdits pour ne pas perturber la faune locale.

Respecter les alpages, c’est aussi préserver la montagne

Les pâturages d’altitude sont des milieux fragiles. Rester sur les sentiers lorsque cela est possible, refermer les clôtures après son passage et éviter de souiller les points d’eau utilisés par les troupeaux sont autant de gestes simples qui facilitent le travail des éleveurs. Une barrière laissée ouverte peut entraîner la dispersion d’un troupeau et plusieurs heures de travail supplémentaire pour le berger.

Bivouac : où installer sa tente sans déranger les bergers ?

Le bivouac connaît un succès grandissant dans les Alpes. Pourtant, planter sa tente au hasard peut rapidement créer des problèmes. Les spécialistes recommandent d’éviter les abords des cabanes pastorales, des parcs de nuit et des zones où les troupeaux passent régulièrement. La nuit, les chiens de protection restent particulièrement vigilants et peuvent réagir à toute présence inhabituelle à proximité des animaux.

Il est également conseillé d’observer les indices de fréquentation animale avant de s’installer : traces, crottes, zones de pâturage intensif ou passages empruntés par les troupeaux.

La montagne est un espace partagé

La plupart des rencontres avec les patous se déroulent sans difficulté lorsque les randonneurs adoptent les bons comportements. Comprendre le rôle du berger, respecter le travail des chiens de protection et accepter parfois de modifier légèrement son itinéraire permettent de préserver l’équilibre fragile des alpages.

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Car derrière chaque troupeau que l’on croise sur les sentiers se cache un métier exigeant qui contribue à maintenir les paysages exceptionnels que nous venons justement admirer.

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4 réflexions au sujet de “Patous, troupeaux et bivouac : les règles que tout randonneur devrait connaître avant de partir en montagne cet été”

  1. Bonjour, j’ai été bérger avant d’accomplir mon sévice national en haute vallée d’Aspe dans le 64 avec mon oncle.Le Patou est un chien de garde nous en avions deux , certaine fois ils ne supportaient pas la présence des ânes et des vaches au milieu du troupes alors qu’ils vivaient tous ensemble à la ferme le restant de l’année, mais en montagne ils n’avaient pas la même tolérance vis à vis des autres animaux.
    Cordialement
    JCB

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  2. Je suis désolé mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec le commentaire décrit. La montagne est bien un lieu qui se partage. Mais contrairement au récit qui dit que le pastoralisme se pratique depuis toujours il y a une grande différence avec ce qui se pratique aujourd’hui.
    Les patous gardent bien les troupeaux mais sans les bergers qui ont le devoir de surveiller leurs animaux contrairement à autrefois. Et c’est là qu’il y a un gros problème. Les animaux, brebis et patous sont livrés à eux-mêmes, sans les bergers donc les randonneurs n’ont pas d’interlocuteurs en cas de problème avec les troupeaux. Ce n’est pas normal et tout le monde ne réagit pas de la même façon face à une situation difficile. Tant que les bergers seront absents avec leurs animaux il y aura toujours des problèmes.

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  3. Il m’est arrivé plusieurs fois de croiser des patous seuls loin de leur troupeau et ils restent agressifs sans raison.
    L’absence et le désintérêt des bergers face au comportement de leurs chiens est un vrai problème.
    Un berger m’a répondu un jour en parlant de ce problème qu’il y avait les assurances pour le dédouaner…..

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  4. Arrêtons de nous voiler la face, tous les ans on déplore des attaques de patous et dans la plupart des cas il n’y a aucune autre justification que la suivante: le Patou ne partage pas la montagne.
    Donc évidemment comme pour tous les sujets dans ce pays on met la poussière sous le tapis et nous attendons qu’il se produise un drame pour agir dans la précipitation.

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A propos de l'auteur

Patrick

Je suis Patrick, passionné de montagne et vivant en Haute Savoie depuis plus de 20 ans. En tant que créateur et responsable de ce média touristique sur la Haute-Savoie, je vous fais découvrir les lieux à visiter dans notre beau département, ainsi que des bons plans à ne pas rater. Je vous propose également quelques découvertes plus lointaines, en dehors de la Haute-Savoie : Corse, Italie, Bassin d'Arcachon... au grès de mes escapades.