Lorsque l’on croise un troupeau en montagne, tous les chiens semblent avoir le même rôle. Pourtant, il existe une différence fondamentale entre les chiens de protection et les chiens de conduite. Les premiers vivent avec les animaux pour les défendre contre les prédateurs, tandis que les seconds travaillent aux côtés du berger pour guider le troupeau. Savoir les distinguer permet de mieux comprendre leur comportement… et d’adopter les bons réflexes lors d’une randonnée.
Deux missions très différentes
Même s’ils évoluent souvent dans le même environnement, les chiens de protection et les chiens de conduite n’ont ni la même fonction, ni le même comportement.
Le chien de protection est chargé de défendre le troupeau contre les menaces extérieures, comme le loup, les chiens errants ou tout autre animal susceptible de s’approcher des brebis.
Le chien de conduite, quant à lui, est le véritable partenaire du berger. Son rôle consiste à déplacer, regrouper ou orienter les animaux selon les consignes de son maître.
Autrement dit, l’un protège le troupeau, l’autre le dirige.
Le chien de protection : un gardien autonome
Les chiens de protection vivent en permanence avec les brebis ou les chèvres. Dès leur plus jeune âge, ils grandissent au sein du troupeau, qu’ils considèrent comme leur groupe social.
Leur travail ne dépend pas d’ordres permanents du berger. Ils prennent eux-mêmes les décisions nécessaires pour assurer la sécurité des animaux.
Parmi les races les plus utilisées en France figurent notamment :
- le Chien de montagne des Pyrénées (Patou) ;
- le Berger de Maremme et des Abruzzes ;
- le Berger d’Anatolie (Kangal) ;
- le Berger du Caucase ;
- le Tornjak.
Ces chiens impressionnent souvent par leur taille, leur puissance et leurs aboiements. Lorsqu’un randonneur s’approche d’un troupeau, ils viennent généralement à sa rencontre afin d’identifier la situation et de vérifier qu’il ne représente aucun danger.
Leur objectif est avant tout de dissuader, bien plus que d’attaquer.
Le chien de conduite : l’allié du berger
À l’inverse, les chiens de conduite restent constamment attentifs aux ordres de leur maître. Leur mission consiste à déplacer les animaux avec précision, parfois sur plusieurs kilomètres, ou à les faire entrer dans un enclos. Ils utilisent leur intelligence, leur rapidité et leur sens de l’observation pour anticiper les mouvements du troupeau.
Les races les plus connues sont :
- le Border Collie ;
- le Berger Australien ;
- le Berger de Beauce ;
- le Kelpie Australien ;
- certains Bergers des Pyrénées.
Contrairement aux chiens de protection, ils s’intéressent généralement très peu aux randonneurs. Toute leur attention est tournée vers le berger et les animaux qu’ils conduisent.
Comment les reconnaître sur un sentier ?
Quelques indices permettent souvent de faire la différence. Le chien de protection est généralement de grande taille, robuste, souvent de couleur claire, et reste au milieu ou autour du troupeau. Il peut venir spontanément vers les promeneurs en aboyant pour les identifier.
Le chien de conduite est plus agile, plus vif et se déplace rapidement autour des brebis. On le voit fréquemment courir d’un côté à l’autre du troupeau ou répondre immédiatement aux sifflements et aux ordres du berger.
En résumé :
| Chien de protection | Chien de conduite |
|---|---|
| Défend le troupeau | Guide le troupeau |
| Travaille de façon autonome | Obéit aux ordres du berger |
| Vit avec les animaux | Travaille avec le berger |
| Peut venir à la rencontre des randonneurs | Ignore généralement les promeneurs |
Quels comportements adopter face à un chien de protection ?
À l’approche du troupeau :
- Ralentissez : Marquez l’arrêt ou marchez calmement dès que vous apercevez des animaux.
- Signalez-vous : Parlez à voix haute pour que le chien détecte votre présence humaine.
- Contournez : Éloignez-vous le plus possible des bêtes, même s’il faut quitter le sentier.
- Si vous êtes à vélo : Descendez de votre monture avant de traverser la zone.
Face au chien de protection :
- Restez calme : Ne criez pas et ne courez surtout pas, cela exciterait son instinct.
- Restez neutre : Évitez de le regarder fixement dans les yeux, ce qu’il prendrait pour un défi.
- Laissez-le flairer : S’il s’approche pour vous identifier, restez immobile, les bras le long du corps.
- Baissez les bras : Ne le menacez jamais avec des bâtons de randonnée ou des pierres.
- Reculez : Une fois le chien apaisé, reprenez votre chemin calmement en lui tournant le dos de biais.
A quelques très rares exceptions, les incidents identifiés entre randonneur et chien de protection sont principalement causé par une méconnaissance du comportement à adopter en leur présence, et/ou par la peur. En effet, un patou de 80kg qui vous fonce dessus en aboyant, même si « juste » pour vous identifier et vous dissuader, peut faire peur et entrainer une réaction que lui va identifier comme une tentative d’agression de son troupeau. Et c’est là que les ennuis commencent ! Bref, restez calme en présence de chiens de protection.
En revanche, il n’est généralement pas nécessaire de modifier son comportement face à un chien de conduite, qui reste concentré sur son travail avec le berger.
Une présence indispensable en montagne
Le retour du loup dans de nombreux massifs français a renforcé le recours aux chiens de protection, devenus essentiels pour sécuriser les troupeaux en estive. Les chiens de conduite, eux, continuent d’accompagner quotidiennement les éleveurs dans la gestion des animaux.
Ces deux catégories de chiens remplissent donc des missions complémentaires. Les connaître permet non seulement de mieux comprendre le pastoralisme, mais aussi de partager la montagne dans de bonnes conditions, en respectant à la fois le travail des éleveurs, la tranquillité des troupeaux et la sécurité de chacun.