Randonnée en montagne : pourquoi se fier à l’IA pour préparer son itinéraire est un piège dangereux

Demander à ChatGPT ou à une IA de tracer son prochain trek en montagne semble être une idée de génie. Pourtant, sur le terrain, ces itinéraires générés par algorithme se révèlent souvent être de véritables pièges. Distances sous-estimées, bivouacs interdits, passages exposés au vide oubliés : guides et secouristes tirent la sonnette d’alarme face à la hausse des incidents.

Quand l’IA fait fausse route : des anecdotes qui font froid dans le dos

Les témoignages de randonneurs pris au piège par une intelligence artificielle générative se multiplient dans les massifs français :

  • Dans les Hautes-Pyrénées : Deux randonneuses se sont retrouvées totalement désorientées après avoir suivi à la lettre une trace tracée par ChatGPT. Dans le même secteur, un groupe de quarantenaires est revenu trempé et frigorifié d’un « parcours délirant » de 40 km à travers des sommets escarpés.
  • Dans les Cévennes : Un père et son fils ont soumis aux agents du parc un projet de 82 km en deux jours élaboré par IA, prévoyant une nuit en hamac à 800 mètres d’altitude. Un itinéraire irréaliste, ne tenant compte ni de la météo glaciale ni de l’interdiction stricte du bivouac dans cette zone.
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Dans les offices de tourisme et les maisons de parc, le constat est alarmant : la recherche sur ChatGPT commence à supplanter la recherche classique, menant sur le terrain des marcheurs munis d’un simple téléphone et d’une confiance aveugle dans la machine.

Pourquoi les algorithmes hallucinent sur les cartes de randonnée

Une intelligence artificielle comme ChatGPT ne « connaît » pas la montagne : elle prédit des mots à partir de données glanées sur le web. Cette mécanique crée des failles majeures au moment de planifier une randonnée.

1. Des dénivelés et des distances fantaisistes

Les IA assemblent souvent des portions de sentiers qui ne se connectent pas dans la réalité, ou sous-estiment l’effort requis en montagne. Résultat : une marche vendue comme « facile » peut réserver un dénivelé positif digne d’un trail engagé.

2. Une cécité face au terrain et à l’actualité

L’IA est incapable de savoir qu’un sentier a été emporté par un éboulement au printemps dernier, qu’un névé tardif bloque un col dangereux ou que la météo s’annonce exécrable. Elle s’appuie sur des descriptifs statiques parfois obsolètes.

3. L’ignorance des réglementations locales

Régulation du bivouac, arrêtés municipaux, zones de quiétude de la faune sauvage ou réserves naturelles : l’IA propose régulièrement de camper là où c’est strictement interdit sous peine d’amende.

L’IA ne sait pas qui vous êtes (et c’est là le plus grand danger)

Au-delà des erreurs cartographiques, le problème majeur réside dans la subjectivité du niveau physique.

Comme le rappellent les professionnels de la Compagnie des Guides de Chamonix ou les pélotons de gendarmerie de haute montagne (PGHM), un itinéraire classé « moyen » peut devenir extrêmement vertigineux ou exposé aux chutes de pierres selon les variantes choisies.

« Tout l’intérêt de consulter un accompagnateur ou un professionnel, c’est d’adapter le parcours aux capacités physiques réelles, à l’équipement et aux appréhensions de chacun. L’IA, elle, ne vous posera jamais ces questions vitale avant le départ. »

Les bons réflexes pour utiliser l’IA sans se mettre en danger

Faut-il pour autant bannir complètement les outils d’IA ? Pas nécessairement. Ils peuvent servir de moteur d’inspiration pour trouver des idées de vallées ou de thématiques de séjour. Mais la validation doit impérativement rester humaine.

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Pour réussir vos sorties en montagne :

  1. Croisez systématiquement avec les cartes officielles : Utilisez des applications cartographiques reconnues (IGN Géoportail, SwissTopo) pour vérifier le tracé exact et le vrai dénivelé.
  2. Consultez les acteurs locaux : Offices de tourisme, Maisons du Parc et bureaux des guides disposent de l’état en temps réel des sentiers et de la météo locale.
  3. Anticipez la réglementation : Vérifiez si votre itinéraire traverse une réserve naturelle soumise à des règles spécifiques pour le chien, le bivouac ou le feu.

Par quoi remplacer l’IA ? Les applications et outils indispensables pour randonner en toute sécurité

Pour préparer un itinéraire sans risquer l’erreur d’un algorithme génératif, mieux vaut s’appuyer sur des outils cartographiques éprouvés et mis à jour par des géographes ou la communauté des pratiquants.

1. Les applications cartographiques de référence

  • Geoportail / Carte IGN (Carto) : L’incontournable pour la France. Accéder au fond de carte TOP 25 permet d’analyser précisément les courbes de niveau, la nature du terrain (forêt, barres rocheuses) et la pente exacte => Site officiel IGN
  • Visorando & Altituderando : Deux plateformes de référence alimentées par des randonneurs passionnés et modérées par des équipes d’experts. Les fiches de randonnée y sont régulièrement mises à jour avec des avis récents sur l’état des sentiers.
  • Komoot & Outdooractive : Idéales pour générer des itinéraires sur mesure en fonction de sa discipline (trail, randonnée, bivouac), ces applications s’appuient sur des données OpenStreetMap et intègrent le dénivelé réel ainsi que la nature des revêtements (piste, sentier technique, bitume).

2. Les sources officielles pour le terrain et la météo

  • Météo-France (Bulletin Neige et Avalanche / Montagne) : Indispensable avant de s’engager en altitude pour connaître les risques d’orages, l’isotherme zéro degré ou le risque d’avalanches en début de saison.
  • Les portails des Parcs Nationaux et Régionaux : Des plateformes comme Rando Vanoise, Rando Écrins ou les sites des Réserves Naturelles de Haute-Savoie répertorient l’état d’ouverture des sentiers et rappellent les règles exactes concernant le bivouac et la présence des chiens.
  • Le coup de téléphone aux gardiens de refuge : Personne ne connaît mieux le terrain qu’un gardien vivant en altitude. Un rapide appel permet de savoir si un col est encore enneigé ou si une source est asséchée.
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A propos de l'auteur

Patrick

Je suis Patrick, passionné de montagne et vivant en Haute Savoie depuis plus de 20 ans. En tant que créateur et responsable de ce média touristique sur la Haute-Savoie, je vous fais découvrir les lieux à visiter dans notre beau département, ainsi que des bons plans à ne pas rater. Je vous propose également quelques découvertes plus lointaines, en dehors de la Haute-Savoie : Corse, Italie, Bassin d'Arcachon... au grès de mes escapades.