Alors que se profile la saison d’hiver 2026-2027, une évolution importante se prépare du côté des locations de courte durée. Airbnb va modifier en profondeur son système de frais, avec une commission unique de 15,5 % supportée par les propriétaires. En Haute-Savoie, où les tarifs des hébergements peuvent déjà atteindre des sommets dans les stations, certains voyageurs redoutent une nouvelle hausse des prix. Mais faut-il vraiment s’attendre à une flambée ?
Non, rien ne bascule en septembre en France
Commençons par lever une ambiguïté. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, aucune nouvelle taxe française sur les locations de vacances n’entrera en vigueur en septembre 2026. La principale nouveauté qui pourrait avoir un impact sur les prix concerne Airbnb et son système de frais de service.
Aujourd’hui, pour de nombreux logements, les frais sont répartis entre le propriétaire et le voyageur. Airbnb indique que la plupart des hôtes concernés par ce système paient environ 3 % de frais, auxquels viennent s’ajouter des frais facturés au voyageur.
La plateforme a décidé de progressivement abandonner cette organisation pour passer à des frais uniques de 15,5 %, prélevés directement sur le versement destiné à l’hôte. Et pour les propriétaires situés dans l’Espace économique européen, donc notamment en France et en Haute-Savoie, le changement est prévu le 13 octobre 2026.
Une commission Airbnb de 15,5 % qui change la donne
Sur le papier, Airbnb présente cette évolution comme une simplification. Au lieu d’avoir des frais répartis entre propriétaire et voyageur, la plateforme appliquera donc un prélèvement unique de 15,5 % côté hôte.
Cela ne signifie cependant pas qu’Airbnb augmente mécaniquement de 15,5 % le prix payé par le vacancier. Tout dépendra de la réaction des propriétaires. Airbnb propose d’ailleurs à ses hôtes un outil permettant de modifier leurs tarifs afin de tenir compte du nouveau système tout en continuant à percevoir un versement similaire.
Et c’est précisément là que la situation devient intéressante pour les vacanciers.

Les propriétaires vont-ils augmenter leurs prix ?
Prenons un exemple simplifié. Un propriétaire souhaite conserver environ le même revenu après la modification du système de commission. Pour compenser le prélèvement de 15,5 %, il peut être tenté de revaloriser le prix affiché de son hébergement.
Mais auparavant, le voyageur payait lui-même des frais Airbnb venant s’ajouter au tarif fixé par le propriétaire. Une augmentation du prix affiché ne signifie donc pas nécessairement que le prix final réellement payé par le vacancier augmentera dans les mêmes proportions. C’est même l’un des objectifs affichés par Airbnb : rendre le tarif plus lisible en intégrant davantage le coût de la plateforme dans le prix proposé par l’hôte.
La question sera donc de savoir si les propriétaires se contenteront d’ajuster leurs tarifs pour maintenir leur revenu… ou s’ils profiteront de cette transition pour augmenter encore davantage leurs prix.
Pourquoi la Haute-Savoie est particulièrement concernée
Dans un département touristique comme la Haute-Savoie, la question est loin d’être anodine. De Chamonix à Morzine, en passant par Annecy, La Clusaz, Megève, Les Gets, Avoriaz ou Le Grand-Bornand, la location saisonnière représente une part importante de l’offre d’hébergement touristique.
Pendant les périodes les plus demandées, notamment Noël, le Nouvel An et les vacances scolaires de février, les prix peuvent déjà être particulièrement élevés. Une famille cherchant un appartement au pied des pistes peut facilement consacrer une part importante de son budget vacances au seul hébergement. Dans ce contexte, même une hausse limitée du prix final peut peser sur le choix de la destination.
Airbnb n’est toutefois qu’une partie du problème
Attribuer une éventuelle hausse des locations en Haute-Savoie au seul changement de commission d’Airbnb serait cependant trompeur. Le département cumule plusieurs facteurs susceptibles de maintenir les tarifs à des niveaux élevés : forte demande touristique, capacité d’hébergement limitée dans certaines stations, prix de l’immobilier très élevés, charges importantes pour les propriétaires et concentration de la demande sur quelques semaines de l’année.
À cela s’ajoute désormais un durcissement progressif de la réglementation des meublés touristiques. Depuis le 20 mai 2026, le principe est celui d’une déclaration préalable des meublés de tourisme auprès d’un téléservice national, avec attribution d’un numéro d’enregistrement. Les communes disposent parallèlement de davantage d’outils pour encadrer les locations touristiques et tenter de préserver des logements destinés aux habitants permanents.
La réglementation des meublés touristiques s’est nettement durcie
La loi du 19 novembre 2024 a en effet profondément modifié le paysage. Elle a notamment renforcé les pouvoirs des communes, modifié la fiscalité de certaines locations meublées et généralisé le principe de l’enregistrement des meublés touristiques.
La fiscalité est également devenue moins favorable pour certains propriétaires. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, les meublés de tourisme non classés relevant du micro-BIC bénéficient d’un abattement de 30 % avec un plafond de recettes de 15 000 euros, contre un régime plus favorable auparavant. Les meublés classés conservent un régime plus avantageux.
L’objectif assumé par les pouvoirs publics est notamment de réduire l’écart fiscal entre location touristique et location traditionnelle afin d’encourager le retour de logements vers le marché résidentiel.
Moins de locations disponibles à terme ?
C’est peut-être finalement davantage ce phénomène que le changement de commission d’Airbnb qu’il faudra surveiller.
Si certains propriétaires considèrent que la location touristique devient moins rentable ou trop contraignante, plusieurs scénarios sont possibles : retour vers la location longue durée, vente du logement, passage à une autre plateforme ou développement de la réservation directe.
Dans les communes touristiques où l’offre est déjà très sollicitée, une diminution du nombre de logements disponibles pourrait exercer une pression supplémentaire sur les tarifs pendant les périodes de pointe.
Mais il est encore trop tôt pour affirmer qu’un tel phénomène se produira à grande échelle.
Faut-il réserver son séjour au ski plus tôt cette année ?
Pour les vacanciers français souhaitant venir en Haute-Savoie durant l’hiver 2026-2027, la prudence pourrait néanmoins être de mise.
Ceux qui envisagent un séjour pendant Noël, le Nouvel An ou les vacances de février ont intérêt à comparer les hébergements suffisamment tôt.
Il peut également être judicieux de regarder au-delà des seules grandes plateformes : centrales de réservation des offices de tourisme, agences immobilières locales, résidences de tourisme ou réservation directe auprès des hébergeurs peuvent parfois offrir des conditions différentes.
S’éloigner de quelques kilomètres des stations les plus réputées peut également faire considérablement baisser la facture.
Alors, les locations vont-elles vraiment devenir inaccessibles ?
Non, il n’existe pas de mesure qui ferait brutalement exploser le prix des locations courte durée en Haute-Savoie dès septembre 2026.
Le changement annoncé par Airbnb est réel, mais son entrée en vigueur pour les propriétaires français est prévue le 13 octobre 2026. Et le passage à une commission unique de 15,5 % côté propriétaire ne signifie pas automatiquement une augmentation équivalente du prix final payé par le voyageur.
En revanche, cette évolution intervient dans un contexte beaucoup plus large : durcissement de la réglementation, fiscalité moins avantageuse pour certains propriétaires, restrictions locales et prix immobiliers extrêmement élevés dans plusieurs secteurs touristiques de Haute-Savoie.
Pour les familles françaises, la vraie question ne sera donc probablement pas de savoir si les locations deviennent soudainement inaccessibles en septembre, mais plutôt jusqu’où pourront monter les prix dans les stations les plus demandées au cours des prochaines saisons.
Et sur ce point, l’hiver 2026-2027 constituera un premier test grandeur nature.
Sources : Informations officielles Airbnb sur les frais de service et Nouveau régime fiscal des meublés de tourisme – impots.gouv.fr