Pendant longtemps, elle symbolisait la liberté absolue en montagne. Une tente installée face aux sommets, une nuit sous les étoiles et le sentiment de vivre la montagne autrement. Mais cette pratique très populaire est désormais dans le viseur des autorités en Haute-Savoie.
Face à une fréquentation en forte hausse, des déchets de plus en plus nombreux et des comportements jugés irrespectueux, la préfecture vient de durcir la réglementation dans plusieurs réserves naturelles emblématiques du massif du Mont-Blanc.
Des paysages pris d’assaut depuis plusieurs étés
Depuis la crise sanitaire, la montagne attire un public toujours plus nombreux. Les itinéraires emblématiques, notamment autour du Tour du Mont-Blanc, connaissent des records de fréquentation.
Aux Contamines-Montjoie, les gestionnaires de la réserve naturelle constatent depuis plusieurs années une multiplication des installations sauvages. Certaines zones accueillent désormais plusieurs dizaines de tentes au cours d’une même nuit en pleine saison.
Les lacs d’altitude, autrefois relativement préservés, sont devenus des étapes très prisées sur les réseaux sociaux. Cette popularité s’accompagne toutefois de nombreuses dérives : déchets abandonnés, toilettes sauvages, nuisances sonores ou encore dégradation de la végétation fragile.

© Les Contamines Tourisme
Le bivouac désormais fortement encadré
La mesure la plus marquante concerne la réserve naturelle des Contamines-Montjoie. Un arrêté préfectoral interdit désormais le bivouac en dessous de 2 500 mètres d’altitude entre le 15 juin et le 15 septembre.
Seules certaines aires officielles restent accessibles aux randonneurs, avec une réservation devenue obligatoire. Les secteurs de la Giettaz, du Pont de la Rollaz et de la Balme figurent parmi les rares zones autorisées durant la période estivale.
Même les abris autrefois utilisés par certains randonneurs sont désormais concernés par cette réglementation renforcée.
La baignade également concernée
Autre évolution importante : la baignade et les activités nautiques sont désormais interdites dans plusieurs lacs de montagne situés au sein des réserves naturelles.
Cette interdiction concerne notamment les lacs Jovet, mais aussi certains sites des réserves des Aiguilles Rouges, du Vallon de Bérard ou de Carlaveyron. Les autorités souhaitent protéger des milieux particulièrement sensibles face à une fréquentation estivale devenue très importante.
Les animaux de compagnie ne sont également plus autorisés à se baigner dans certains secteurs protégés.
Une tendance qui dépasse les Contamines
La préfecture de Haute-Savoie a étendu ces mesures à plusieurs réserves naturelles du département. Dans les secteurs des Aiguilles Rouges ou du lac Blanc, le bivouac est désormais limité à certaines zones précises, avec des capacités d’accueil définies et une réservation obligatoire.
Les autorités évoquent une augmentation très importante de la fréquentation depuis 2020, qui rend nécessaire une gestion plus stricte des espaces naturels les plus sensibles.
Une nouvelle façon de pratiquer la montagne
Ces restrictions traduisent une évolution profonde des usages en montagne. Le bivouac n’est plus seulement pratiqué par quelques randonneurs itinérants, mais attire désormais un public beaucoup plus large, parfois peu familier des règles de protection des espaces naturels.
L’objectif affiché par les gestionnaires des réserves n’est pas d’interdire totalement la pratique, mais de l’encadrer afin de préserver des sites particulièrement fragiles. Réservation obligatoire, zones dédiées et limitation du nombre de tentes pourraient ainsi devenir la norme dans plusieurs massifs alpins dans les années à venir.
Pour les amateurs de nuits sous les étoiles, l’époque du bivouac improvisé au bord d’un lac d’altitude semble désormais appartenir au passé.
Les mesures évoquées dans cet article sont issues des arrêtés préfectoraux publiés en juin 2026 et des informations communiquées par la préfecture de Haute-Savoie et les gestionnaires des réserves naturelles. ==> Lien vers le communiqué officiel

