Randonnée mythique au-dessus de Chamonix, le Lac Blanc pourrait bientôt se réserver comme une table au restaurant. La mairie planche sur un système de réservation obligatoire dès l’été prochain, une première dans la vallée du Mont-Blanc.
Un site à bout de souffle
Perché à 2 350 mètres dans la réserve naturelle des Aiguilles Rouges, le Lac Blanc offre l’un des panoramas les plus photographiés des Alpes françaises, avec la face nord du Mont-Blanc en toile de fond. Un succès qui se paie cher : entre le 1er juin et le 30 septembre, le site peut accueillir jusqu’à 4 000 visiteurs par jour selon la météo, un niveau de fréquentation que la commune juge désormais intenable pour les sentiers comme pour le milieu naturel.
Élu maire de Chamonix en mars dernier, François-Xavier Laffin a fait de cette question l’une des priorités de son mandat. Face à une vallée qui attire chaque année entre 2,5 et 4,5 millions de visiteurs, l’édile a choisi le Lac Blanc comme site pilote pour tester un nouvel outil de régulation des flux touristiques en montagne.
Le modèle des Calanques comme source d’inspiration
Pour construire son dispositif, la municipalité s’est tournée vers un exemple qui a fait ses preuves plus au sud : la calanque de Sugiton, près de Marseille. Depuis 2022, l’accès à ce site très prisé du Parc national des Calanques est soumis à réservation en été, avec là aussi des pics pouvant atteindre 2 500 visiteurs par jour avant la mise en place de la mesure.
Le maire de Chamonix a rencontré les responsables du dispositif marseillais et reprend même leur slogan : « Réserver, c’est préserver. » L’idée serait de combiner une réservation préalable en ligne, une jauge quotidienne de visiteurs et des contrôles sur le terrain, uniquement pendant la période estivale, du 1er juin au 30 septembre.
Pas encore de chiffres, ni de passe-droit pour les habitants
Le dispositif reste à ce stade au niveau des intentions : aucun quota précis n’a été fixé, et la mairie n’envisage pas non plus d’accès prioritaire pour les habitants de la vallée. Ceux-ci devraient donc réserver leur créneau comme n’importe quel visiteur pendant la haute saison. En dehors de cette période, l’accès au Lac Blanc resterait libre, comme aujourd’hui.
Cette réflexion s’ajoute à des règles déjà en vigueur sur le secteur, comme l’arrêté préfectoral interdisant la baignade dans le Lac Blanc et les Lacs des Chéserys, ou encore le quota de 30 tentes appliqué au bivouac des Chéserys, désormais soumis à réservation.
Une concertation avant toute décision
Avant toute mise en œuvre, la commune veut réunir autour de la table les acteurs du territoire : Asters-CEN Haute-Savoie (qui gère la réserve naturelle), la Compagnie du Mont-Blanc, les communes voisines, les consorts et les professionnels du tourisme. Objectif affiché : trouver un dispositif qui protège le site sans pénaliser l’expérience des visiteurs.
La mairie a aussi identifié un risque : voir les randonneurs refusés au Lac Blanc se rabattre sur d’autres sentiers de la vallée, avec un effet de report. Un phénomène que les gestionnaires des Calanques disent ne pas avoir observé à Sugiton, mais que Chamonix surveillera de près.
Et après le Lac Blanc ?
Si l’expérimentation fonctionne, la commune n’exclut pas d’étendre la régulation à d’autres sites emblématiques de la vallée. Pour l’instant, le message est clair : faire du Lac Blanc un laboratoire, avant d’envisager d’aller plus loin. De quoi changer, dès l’été 2027, les habitudes de milliers de randonneurs qui montaient jusqu’ici sans réserver.
Ce qu’en pense la rédaction
Nous ne sommes pas spécialement favorable à un système strict de quotas comme dans les calanques mais plutôt à une solution « mixte » : accès libre en randonnée, mais quotas pour les accès par les remontées mécaniques. Mais comment mettre cela en application ? Cela nous parait très compliqué.
Alors pour vous, bonne ou mauvaise solution ? Et quelle(s) autre(s) solution(s) proposeriez vous ?
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